ALAIN BONIJOL : SON HISTOIRE

Pour trouver sa place dans les toros il faut être capable de surmonter maints obstacles et adversités. Le nîmois Alain Bonijol voulut être matador mais ne fut que novillero, même s’il parvint à toréer dans les arènes de Las Ventas, à une époque où il était bien plus difficile de percer dans ce milieu en étant français.

Il s’accrocha à son rêve et pour prétendre à l’alternative il se lança même comme « espontaneo » dans les arènes de Nîmes pour faire valoir ce qu’il considérait comme son droit. Cela lui porta plutôt tort et il dut finalement renoncer à sa carrière en habit de lumières mais pas à sa passion, à son besoin de sentir la proximité de l’animal. Contre toute attente, il se hissa sur un cheval avec l’intention, a priori saugrenue, de former une « cuadra de caballos » pour picadors.

Alain Bonijol partit seul à l’aventure, en autodidacte, apprit des conseils qu’on lui donna par-ci, par là, de quelques livres et sa ténacité à toute épreuve lui permit de trouver sa place d’abord en France puis en Espagne dans de prestigieuses ferias. Il nous raconte dans ce livre ses rencontres marquantes avec des gens du mundillo, comme les frères Chopera qui le soutiendront dans sa démarche, avec des aficionados qui partageront sa vision de la suerte de varas et intégreront son équipe constituée d’une soixantaine de personnes, mais aussi avec des amateurs qui deviendront des professionnels reconnus sous sa houlette, comme le picador Gabin Rehabi.

Le Nîmois est quelqu’un de perspicace et d’innovant, avec comme démarche personnelle assumée celle de restaurer la dignité du tercio de piques, souvent méprisé par le passé. Il cherchera un cheval plus léger et avec plus de mobilité, protégé par un caparaçon qu’il concevra et fabriquera lui-même dans sa propriété de la Camargue. Bonijol y installera un atelier de couture puis un autre pour fabriquer sa pique à lui, qu’il considère comme plus adaptée aux temps modernes.

Ce livre est le témoignage d’un homme passionné qui a contribué, à sa manière, à la reconnaissance d’une suerte et à sa beauté.

 

Les commentaires sont fermés.