MERCI CURRO

Gamarde, 2 avril. Le toreo de renom, de luxe, n’est point le patrimoine exclusif des grandes arènes et des ferias les plus huppées. L’aficion est aussi à la campagne et cette dernière a le droit de profiter de ce qu’il y a de mieux. Curro Díaz est un matador que tout le monde veut voir aujourd’hui. Il a été éblouissant dans les arènes de Gamarde. Devant un toro de José Cruz qui avait a priori peu d’options et dont il avait demandé qu’il soit peu piqué. Faena en crescendo, convainquant le toro avec son temple soyeux et délicat dans des séries au début courtes et chaque fois plus exigeantes. Toreo fascinant par son pouvoir, caché parfois par la magie qui nous transporte. Le public le récompensa de deux oreilles malgré un « metisaca », sur le côté, avant de conclure d’une estocade efficace. Le premier toro de la course fut faible et malgré les attentions, la douceur du torero de Linares, il n’y eut pas de faena aboutie. Mais même ainsi Curro Díaz distilla des détails de toreo exquis et certains lui demandèrent l’oreille.

Lors de sa sortie l’accompagna Thomas Dufau qui fut confronté au meilleur lot de toros de l’après-midi. Le torero landais se montra bouillonnant avec du toreo à genoux, des passes inversées au milieu de l’arène, des luquesinas et son assurance à l’estocade lui permirent de couper une oreille à chacun de ses toros.

Le Péruvien Joaquín Galdós a toréé très lentement à la cape son premier mais à la muleta son adversaire se montra moins collaborateur. Son dernier eut beaucoup plus de gaz et chargea même avec profondeur. Le matador se montra un peu froid, mécanique, mais l’aficion récompensa sa volonté avec une oreille.

Signalons pour finir qu’il s’agissait de la première corrida de la saison française, que les gradins se remplirent, les toros de José Cruz furent correctement présentés, un peu faibles dans l’ensemble, certains se distinguèrent par leur noblesse.

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