QU’ARRIVE-T-IL AUX TOROS ?

Séville, 20 avril. Probablement dû aux trois derniers mois d’hiver, aux pluies et à la boue, ils sortent engourdis et paralysés, comme s’ils avaient manqué d’exercice ; ou il se peut aussi que les pluies les aient empêchés de se nourrir correctement. Le fait est que pendant cette feria d’avril sévillane, les taureaux ont montré une faiblesse proche de l’invalidité. Ainsi, ceux de Juan Pedro, qui manquèrent également de force à Valence, ont frustré, comme la veille ceux de Jandilla, une des corridas les plus attendues, avec à l’affiche Ponce, Manzanares et Ginés Marín. Fragiles comme de la porcelaine et justes de caste, les huit toros -deux furent renvoyés- mirent à l’épreuve la patiente de la l’aficion la plus patiente d’Espagne, qui fut seulement compensée par la bravoure, sans excès, la force, juste, et la caste, juste, du second toro de la corrida. Manzanares en profita avec intelligence et élégance, le laissant respirer entre chaque série, mesurant les hauteurs pour qu’il ne fléchisse pas et sans trop le forcer dans les passes, afin qu’il ne tombe pas ou s’arrête. Cette faena de muleta, ainsi que les passes de cape, furent ce qu’il y eut de mieux dans l’après-midi, avec un bref et sublime quite par véroniques de Ginés Marín.

Qu’arrive-t-il aux toros de cette feria ? En général ils sont nobles, mais ils annoncent une bravoure qu’ils ne peuvent pas prouver : leur manque de vigueur est absolu.

Les commentaires sont fermés.