LA BEAUTÉ INCOMPLÈTE

Après deux jours d’apothéose avec El Juli, Manzanares et Talavante, le public s’attentait à une autre journée de toreo total. Il n’a pas pris en compte que la tauromachie que la tauromachie est  un art contre le hasard. Et parfois, la chance tourne contre elle. En ce jour, ce furent les toros de Jandilla, faibles sur pattes et manquant de bravoure, un lot qui aurait induit l’échec de nombreux toreros. Mais Antonio Ferrera, El Juli et Roca Rey sont sortis indemnes de cette passe. Encore mieux, nous avons vu un grand toreo de Ferrera à la véronique, une passionnante faena de El Juli à son premier, dont il parvint à transformer sa tendance de manso en bravoure, une faena pour étudier dans les écoles de tauromachie, récompensée par le public avec une oreille que refusa la présidence. À ces deux prestations il faut ajouter celle de Roca Rey, inspirée et très émouvante dans les quites et avec la muleta. Surtout face au sixième, un beau et noble toro mulato qui fuyait même de son ombre, et auquel Andrés, passe après passe, imposa la présence constante de sa muleta, ne le laissant s’enfuir qu’entre chaque série. S’il avait conclu à son premier coup d’épée, il aurait probablement coupé une oreille. Mais l’après fut vide de trophées, et vide partit le public, mais non les aficionados. La magie du toreo imposé à des toros adverses les accompagna jusqu’aux discussions à la Porte du Prince.

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