DIEGO URDIALES RÈGNE À MADRID

Feria d’automne. Seconde partie. Le triomphe impressionnant de Diego Urdiales à Las Ventas a plusieurs lectures. La première, strictement tauromachique, revendique un toreo d’une pureté et d’une classe exceptionnelles. L’esthétique de ses passes -cette fois-ci à la muleta, car ses toros ne se sont pas prêtés au toreo de cape- eut le parfum unique des plus grands créateurs. Par son naturel, il rappelait Antonio Bienvenida ; par son dessin, Paco Camino ; par sa cadence, Curro Romero.

Et avec l’épée, il rendit hommage à quelqu’un de chez lui, Antonio León, un styliste notoire de l’estocade. Pour ce qui concerne les trois oreilles relève de l’anecdote. Par contre qu’il fasse deux tours de piste avec deux oreilles à la main, ce second souligna l’importance d’une corrida qui fait partie désormais de l’histoire de Las Ventas.

La seconde lecture lecture implique une dénonce sur l’état actuel de la corrida, ce que l’on appelle son « système ». Comment est-il possible qu’un torero d’un tel acabit n’a toréé cette année que cinq corridas ? Quel torero du « système » est au-dessus d’Urdiales ? Sont-ils utiles à la corrida et aux organisateurs ces échanges de toreros médiocres ? On attend quoi pour avoir une loi anti-monopole qui interdise aux organisateurs d’envahir le territoire des apoderados ?  Pourquoi ne pas respecter la position d’Urdiales de ne pas toréer quand on lui proposait des revenus indignes ?

Et la troisième remercie le destin, le hasard, ce que les taurins appellent la « suerte », son côté le plus favorable. Car si les toros de Fuente Ymbro furent exigeants, ils permirent aussi le triomphe du torero. Le reste fut à la charge de Diego, un torero qui est désormais le principal attrait des ferias de l’année prochaine.
Il partagea l’affiche avec Octavio Chacón qui eut à affronter un lot infame et David Mora qui lui en eut un excellent, le premier de Fuente Ymbro et le second de Joselito. Le torero de Cadix se montra à haut niveau et coupa une oreille très méritée. Le madrilène laissa passer deux toros qui auraient pu le consacrer.

La veille, Diego Ventura affronta seul six toros et en réalité il n’y eut pas grand chose de particulier à signaler. Et vendredi, il y eut une corrida infâme d’Adolfo Martín, un mur auquel furent confrontés Alejandro Talavante, Alvaro Lorenzo -qui lidia un sobrero de Conde de Mayalde, avec lequel il n’arriva pas à s’entendre- et Luis David Adame.
Conclusion : la feria du « bombo », celle qui initie le sorteo des élevagas, a été un grand succès.

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