VALENCE MARQUE LE TEMPO

Pour cette première grande feria de la saison tous les toreros n’étaient pas à l’affiche mais Valence a marqué le ton de ce que nous pourrions voir cette année. D’abord avec ce coup de poing sur la table pour montrer qui est le nouveau patron. Roca Rey a été époustouflant non seulement pour son toreo toujours aussi spectaculaire, mais également par son assise, sa profondeur. Le spectacle est là, quel que soit son adversaire, son courage et sa technique lui permettent de s’imposer en toutes circonstances.

Le public ne se trompe pas, il n’y a plus de doutes : c’est lui le torero qui attire les foules. Cette feria a été aussi marquée par un toro exceptionnel de Jandilla, élevage qui confirme, s’il le fallait encore, qu’il est l’un des gardiens de la bravoure. Devant « Horroroso », Castella s’est laissé porter avec de très beaux passages et une muleta toute en relâchement. Un moment qui restera dans les annales de ces arènes. Finito de Córdobla a sans doute réalisé le toreo avec le plus de duende, dans deux faenas intermittentes, mais empreintes de magie. Quel plaisir de le revoir !

Un autre vétéran, même sans trophées, a laissé des traces de l’énorme classe qu’il détient aujourd’hui : Antonio Ferrera. Un régal de le voir dans l’arène. Mais au chapitre des triomphateurs et des nouveautés, il y en a un qui a fait frisonner l’aficion et qu’il faudra suivre de près : Pablo Aguado. Un tout nouveau, novillero cette fois-ci, a séduit avec un toreo extrêmement prometteur : Borja Collado. Parmi les triomphateurs signalons le retour au premier plan de López Simón, les deux oreilles coupées en deux corridas par Ponce, malheureusement blessé à la seconde, un Paco Ureña qui a coupé une oreille et dont c’était la réapparition après sa gravissime cornade et la solide prestation d’Octavio Chacón face aux Victorinos.

Au niveau élevages, se distinguent Jandilla et Fuente avec de très bons lots, du moteur, de la présence, un toro de chaque élevage ayant été récompensés d’un tour de piste. Les corridas d’Alcurrucén, de Zalduendo et de Victorino ont été moins complètes mais toujours avec au moins un toro ayant permis aux hommes de s’exprimer.

En somme, une bonne feria, un public nombreux, avec trois spectacles à guichets fermés, une belle entrée en matière.

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