MADRID : JUAN ORTEGA, UN GRAND TORERO

Madrid. Corrida de résurrection. Si la corrida de El Torero, avec beaucoup de poids, avait eu de la force, elle aurait été mémorable. Mais sa faiblesse a exigé qu’on la pique peu et les toreros n’ont pas pu la templer -aucun toro n’admit des passes complètes, achevées par le bas-, ne pouvant émouvoir un public par ailleurs transi de froid.

David Galván et Pablo Aguado ont été au-dessus de leurs énormes et faibles toros, ce qui fut insuffisant pour triompher. Mais celui qui partageait l’affiche avec eux, Juan Ortega, surpassa l’adversité devant son premier toro, auquel il administra le temps pour qu’il puisse se récupérer, avec un tempo et un pouvoir remarquables, le toréant avec une plastique exceptionnelle. Quel trait ! Quel temple ! Quelle harmonie ! Sa faena, ajustée à ce que demandait le toro, fut parfaite et atteignit le sublime. Il tua au premier coup, mais on ne lui concéda pas l’oreille. Il est vrai que la pétition ne fut pas unanime. Comme quoi, pour certains, la qualité ne suffit pas, ils veulent aussi la quantité. Lamentable.
Heureusement, les trois matadores toréent à la San Isidro. Un attrait supplémentaire pour cette feria.
Souhaitons que ce ne soit pas gâché avec des toros beaucoup trop lourds, comme ceux de cet après-midi.

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