SAN ISIDRO CORRIDA 4 : LES TOROS C’EST PLUS QUE DES CORNES

Madrid, 17 mai. Madrid devrait s’inspirer de Bilbao. Dans les arènes de Vista Alegre on présente un toro avec autant de volume que celui de Las Ventas. Mais son trapio respecte la morphologie de chaque encaste, de chaque élevage. À Madrid, au contraire, on sélectionne par la hauteur, le poids et la dimension des cornes. Le manque d’harmonie est total : des cous courts, excessivement haut sur pattes, disproportionnée de morrillo, certains toros ressemblent à des cerfs. Parfois, par hasard, il y en a un qui charge.

Ceux de Tajo et la Reina, avec soit des longues cornes ou des cornes ouvertes sur les côtés, étaient cependant bien faits -sauf le premier, on aurait dit la Tour Eiffel- voulaient charger mais ils eurent davantage d’agressivité que de fond physique. Le second et le troisième, vibrants et au galop, s’affaissèrent soudain comme si un coup de tonnerre leur était tombé dessus. Ils furent remplacés par un de Torrealta et un autre de Montealto, très laids, avec beaucoup de cornes, inaptes pour le toreo. De toute la corrida, je ne distinguerai que le sixième, brave, noble et avec de la classe.

Les trois toreros ont fait ce qu’ils ont pu. Joselito Adama s’est montré triste, Román joyeux et vaillant et Alvaro Lorenzo en torero mais en dessous du sixième toro.

Une question : si une corrida est bien programmée -toreros intéressants et un élevage brave avec de la classe- pourquoi choisir aussi mal les toros ?

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