SAN ISIDRO CORRIDA 6 : LA GANADERIA DE EL PILAR CHANGE DE GENRE

Madrid, 21 mai. L’élevage de El Pilar est passé de la classe à l’aspérité, de la caste au genio, de la comédie au drame. Avant ses toros étaient énormes mais aimables, maintenant ce sont des dragons à cornes. Hauts comme des chevaux et volumineux comme des rhinocéros, ils garantissent à Florito  d’être tranquille, lui le «veedor» de Las Ventas, pas un seul n’est remplacé, le Tendido 7 s’en  contente, eux les garants de la pureté, et les aficionados amoureux du toreo et de la bravoure sont surpris.

Leurs anciennes charges inertielles -qui ne me plaisaient pas non plus- se sont transformées  en de violents coups de tête, des assauts dont ils se repentissent, des inerties désabusées. On dit que  leur souche est Domecq, mais ils exhibent un comportement bien antérieur, à l’origine de cet  élevage : un croisement de Miura avec Veragua.

Les matadors Juan del Alamo, José Garrido et  Gonzalo Caballero y ont fait face avec audace, les trois furent attrapés et l’un d’eux gravement  blessé : Caballero. Une erreur de leur part ? Vouloir les toréer et non pas les lidier, en se défaisant d’eux par le bas, comme ils l’auraient mérité, même s’ils avaient réprimandés ensuite par les aficionados soit-disant les plus «pointus  ». Et l’aficion dans tout ça ? Certains étaient contents car on défendait l’essence de ce qu’est pour eux ce spectacle, et d’autres, les plus nombreux, furent déçus par cette conception si laide. Je me compte parmi ces derniers.

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