SAN ISIDRO 13 : ADOLFO MARTIN RÉHABILITE LES « ALBASERRADAS »

Madrid, 30 mai. La forme est le fond : les « albaserradas » d’Adolfo Martín étaient beaux, bien faits,  avec les cornes vers l’arrière, dans le type de l’encaste. Et sauf le second et le troisième, ils furent comme ils le paraissaient : braves, encastés et avec une classe débordante à la muleta.

« Español », sorti quatrième, « Mentiroso », cinquième et « Madroñito », sixième, sont, de toute évidence, des aspirants au prix du meilleur toro de cette San Isidro. Devant eux, Manuel Escribano, Román et Roca Rey firent un toreo templé, de main basse, au long tracé et de qualité, celle qu’exigeait leurs toros.

Et les trois, perturbés dans leurs faenas par les cris, toujours déplacés, de ceux qui se croient intelligents, furent différemment récompensés par la fortune. Escribano avec un grave et inattendu coup de corne, Román avec une oreille méritée et Roca Rey, qui fit le meilleur toreo de l’après-midi, avec le refus de la présidence de la lui accorder. Sa faena était de deux oreilles, sa première épée fut déviée par une banderille et on n’aurait pas dû en tenir compte, surtout après l’impressionnante estocade qui suivit. Mais la vérité c’est que pour les ultras de ces arènes cela aurait été trop démoralisateur que de voir triompher Roca Rey devant les « albaserradas », tout comme il l’avait fait avec les « parladés ». À Las Ventas, la prolifération de la stupidité commence à être inquiétante.

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