VIC, CRU 2019 : UNE RÉUSSITE ?

Aux dires de fidèles aficionados Vicois, une telle récolte d’oreilles et de triomphes ne s’était pas produite depuis 1994, comme quoi il faudra fouiller dans les archives. Quatre sorties en triomphe en trois jours et une belle moisson de trophées, cela devrait indigner les plus intransigeants et intégristes. D’une certaine manière, cela reflète aussi qu’il y a eu du spectacle et qu’on s’est probablement moins ennuyé que d’autres années. Parlons toros, pour commencer.

La corrida de Cebada Gago se présenta bien faite, sans excès, harmonieuse, avec de belles robes. Dans leur comportement, certains toros se révélèrent hargneux et d’autres avec une bravoure encastée et généreuse. Celui qui profita du meilleur lot fut Thomas Dufau.

Il mit du temps à être convaincu par les qualités de son excellent premier avant de lui endosser une belle série de naturelles et d’enchaîner sur la main droite. Le Landais ne fut pas à la hauteur du taureau et ne coupa qu’une oreille, protestée, après une bonne estocade.

Le sixième fut du même acabit et la faena intermittente mais conclue une nouvelle fois avec une estocade lui permettant de décrocher un nouveau pavillon et une puerta grande contestée. Le lendemain, la corrida concours ravit les afionados de Vic. Personnellement, les tiers de piques cherchant à placer le toro de loin finissent par me gonfler, surtout quand il renie à le faire. Sa course vers le cheval ne m’excite pas non plus outre-mesure.

Les trois, quatre, voire cinq piques ont évidemment influencé le comportement des toros à la muleta. Les gens ont été séduits par un La Quinta encasté, spectaculaire au cheval, refusant le combat à gauche et exigeant à droite.

J’ai préféré  les charges répétées, pleines de classe d’un Flor de Jara ayant montré les limitations actuelles de López Chaves qui avait été plus brillant face aux difficultés du toro de La Quinta.

On a pu aussi observer les progrès de Alberto Alemas, mais tout comme Chaves il a été meilleur dans le combat et nettement en dessous d’un superbe toro de Los Maños qui n’eut de cesse de charger. La corrida de Dolores Aguirre fut très décevante, le seul brave fut le jeune matador Miguel Angel Pacheco. Malgré son manque d’expérience, il afficha une détermination qui lui valut de remplacer Román le lendemain. Devant les Pedraza il fut moins brillant.

Corrida immense par la taille, pratiquement des « cabestros », brave dans l’ensemble au cheval et très inégale à la muleta. Daniel Luque triompha devant un lot très compliqué et réticent. En maestro, la tête froide, tout en douceur, il finit par les convaincre avec un engagement sans fioritures. Il paracheva deux faenas de poids avec deux estocades somptueuses. Ce jour-là, Juan del Alamo fut débordé,  mal à l’aise, mécanique, rapide, il reçut même les trois avis.

Signalons aussi le triomphe Dorian Canton, avec une belle attitude devant de sérieux novillos de Retamar et en non piquée Cristian Parejo, originaire de Chiclana, a conquis tout le monde. Il a le toreo en lui, avec une grâce exceptionnelle, son seul défaut est qu’il un peu petit. Mais il faut le voir, il a un duende inné.

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