QUE RETENIR DE LA MADELEINE 2019 ?

Elle fut conclue par une bronca, tout à fait justifiée, suite à la présentation inacceptable de certains toros de Victorino dont la morphologie correspondait davantage à celle du novillo qu’au toro de quatre ans. Corrida tumultueuse et décevante également au niveau taurin. Mais une feria ne se résume pas à l’échec de cette corrida et si dans l’ensemble elle n’a pas satisfait les spectateurs, on a pu vivre également de bons moments.

Comme lors de la corrida d’ouverture et une faena de rêve de Daniel Luque. Il a toréé totalement relâché et nous a enivré avec son toreo de cape et de muleta. S’il n’avait pas raté sa mise à mort, l’impact de cette faena aurait êté majeur. Corrida inégale de La Quinta où Emilio de Justo ne fut pas à la hauteur qu’on attendait et se montra un peu crispé. Prestation sereine, mâture et toute en douceur, avec un temple soyeux de Sébastien Castella qui coupa une oreille. Comme le fit aussi Alvaro Lorenzo qui a laissé une bonne impression et à qui échut le meilleur toro d’une corrida assez fade d’Algarra. La présentation de Cayetano au Plumaçon fut un fiasco et il déroula un toreo banal devant l’indifférence compréhensible du public.

La corrida de Fuente Ymbro fut marquée par un toro exceptionnel qui en d’autres mains aurait peut-être été gracié. De la bravoure, de la noblesse jusqu’au bout dont profita López Simón pour couper deux oreilles, même si la faena fut bonne mais pas enthousiasmante. Par contre, le torero madrilène se montra très vaillant face à un toro compliqué et coupa une oreille très méritée. Au cours de cette après-midi les spectateurs purent apprécier le bon goût, l’esthétique privilégiée du sévillan Pablo Aguado et le sitio, le pouvoir, la maîtrise, la maestria de Perera devant un lot très compliqué. On attendait beaucoup de l’avant-dernière corrida, mais les toros de Núñez del Cuvillo, à la présentation inégale, furent fades, décafeinés. On ne retiendra pas grand chose d’Ureña, on retrouva au cinquième le bon toreo d’Emilio de Justo, même si le besoin d’obtenir un trophée l’emporta finalement, ses passes étant moins templées sur la fin, et la fraîcheur, l’allégresse du toreo sincère de Ginés Marín.

En définitive, un cru en demi-teinte avec une seule sortie a hombros, celle de López Simón.

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