2019 GRANDE SAISON À BAYONNE

Probablement la plus aboutie des quatre grandes arènes du Sud Ouest avec en point d’orgue le solo de Luque. Le torero de Gerena a été de nouveau déterminant cette temporada bayonnaise, avec non seulement sa faena à « Mironcillo » de Pedraza de Yeltes, auquel il coupa la queue, mais aussi dans son véritable duel avec Sébastien Castella pour déterminer qui est le patron de Lachepaillet. Ce jour-là il toréa à la cape merveilleusement bien, dès son quite par chiculienas au toro de Castella, sur le second de son propre lot il sublima le toreo à la véronique avec un relâchement langoureux. L’autre grand triomphateur aura été Sébastien Castella avec un calme impérial se laissant porter à la fois par l’improvisation et l’imagination. À la cape, avec des chicuelinas en marchant très personnelles et arrogantes, et à muleta avec son temple sidérant et des naturelles infinies. Du très grand Castella dont ce sera la dixième grande porte en tant que matador.

Pour le reste, on aura assisté à la sortie a hombros contestée d’Adrien Salenc devant un toro de Los Maños très noble lors d’une étrange corrida concours où les toros furent choisis à l’avance pour chaque matador. Au cours de celle-ci, Juan Ortega nous délecta avec de très belles passes et surtout Bayonne se rendit à la caste, à la bravoure, à l’enthousiasme, à la détermination de Sergio Flores qui aurait dû avec deux oreilles demandées avec ferveur par les Bayonnais. Nul doute qu’il reviendra. Il mérite d’être revu et non seulement à Bayonne.

On se souviendra aussi d’une excellente novillada de Los Maños et de détails des trois novilleros à l’affiche, en particulier de Tomás Rufo, pour son esthétique et son engagement. Si son épaule n’avait pas été déboîtée, il aurait pu tuer son novillo et serait sorti en triomphe.

La dernière corrida fut d’un ton gris, comme les toros de La Quinta et le ciel. On retiendra essentiellement la volonté, le sitio du péruvien Joaquín Galdós, qui réussit parfois à se faire plaisir en toréant avec beaucoup de cran. Comme lors de son estocade, où il fut malheureusement encorné. Lui aussi mérite qu’on le voit davantage dans le Sud Ouest.

Fotos : Roland Costedoat

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