ADIEU BORJA DOMECQ, UN GRAND GANADERO

Je paraphrase Machado et affirme : Borja était, dans le meilleur sens du terme, quelqu’un de bon. Bon et intelligent. Il admirait son père avec raison. Il aimait ses frères et les respectait comme éleveurs. Pas de critiques, toujours de bonnes paroles. Il adorait ses fils et il a cédé à son fils Borja les rênes de Jandilla. Intelligence et bonté. Et loyal avec ses amis, l’ami qui est toujours là.

Je n’ai pas la force, en ces moments de vide, pour évoquer comme il se doit son œuvre en tant qu’éleveur. Mais je tiens à dire, pour qu’il n’y ait pas le moindre doute, qu’il a fait « son toro », fidèle au type de « Juan Pedro », mais avec davantage de trapio, la même caste et des charges plus achevées.

Il a eu le courage de garder toutes les lignées, celles à la bravoure vigoureuse et celles à la bravoure plus templée. Ainsi lors de ses corridas l’éventail était très ouvert, aussi bien pour les figuras que pour les jeunes toreros regorgeant d’ambition. Voilà aussi pourquoi aucun trait de la bravoure qu’avait détenu son père ne se perdit et il les préserva. Voila aussi pourquoi, quand la saison n’était pas bien engagée, il savait toujours où trouver la solution. C’était un virtuose à l’heure de faire les lots, le travail le plus difficile pour un éleveur de toros braves. Davantage encore dans un élevage aussi large que celui de Jandilla.

L’élevage de Borja était si abouti et contrôlé qu’il pouvait se reposer sur ses vaches. Autrement dit, quand les étalons ne donnaient pas les résultats escomptés -et Jandilla compte plus de soixante-dix sementals- c’étaient les vaches qui maintenaient. Peu d’élevages peuvent en dire autant.

Mais je ne veux pas continuer à évoquer la noblesse de Borja comme un aficionado qui l’admire. Je pense maintenant à l’ami qui est parti. À la douleur de sa famille. Aux mugissements des « jandillas » pleurant son absence. À la nuit triste et obscure de « Don Tello ». Au vide que tu nous laisses, ami Borja, toujours si attentionné, si loyal et si simple. Repose en paix.

José Carlos Arévalo

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