BAYONNE : UNE FERIA DE L’ATLANTIQUE RÉUSSIE

Tout d’abord concernant le public, avec de superbes entrées, aux dires de certains comparables et parfois supérieures à celles d’avant la pandémie à cette même date. Une belle réponse du public dans l’enthousiasme, l’alegria, la joie de profiter ensemble d’un spectacle qui nous réunit sans avoir forcément besoin de faire la fête autour.

Taurinement ce fut aussi une réussite. Dès le départ avec une prestation exceptionnelle de Daniel Luque que l’on ne pourra oublier. Impressionnant de maîtrise, sa maestria frôle parfois la magie dans sa capacité d’amadouer les toros, de les mettre à son diapason. Une tauromachie totale, sans aucun geste superflu, et d’une plastique ensorcelante. Surtout que la corrida de El Montecillo, qui se présentait en France, fut loin d’être collaboratrice. Emilio de Justo se montra lui aussi déterminé face à un toro réticent dont il parvint à extraire des passes de muleta de qualité.

Déception côté toreros, avec un Antonio Ferrera qui face à un mauvais ne parvint pas à intéresser le public et fut même sifflé.

Novillada triomphale le lendemain matin, avec deux novilleros a hombros (Tomás Rufo et Yon Lamothe) dont on retiendra surtout la noblesse de certains novillos de l’élevage aragonais de Los Maños.

Le soir, corrida avec six toreros, pas forcément facile pour chacun d’entre de s’illustrer, même si parmi les 3 toros de Conde de Mayalde il y avait plus de qualité, chez les trois restants de Valdefresno, hormis qui avait plus de moteur, les restants furent à l’arrêter. Signalons l’impact de l’enthousiasme du torero vénézuélien Jesús Colombo, dont on demanda pour lui deux oreilles, et quelques geste épars de bon toreo de ses compagnons de cartel. Le lendemain matin, novillada matinale avec les triomphes de Juanito et de Tristan Barroso. Cinq oreilles furent coupées lors de la corrida de clôture, deux pour El Juli après une prestation rythmée, pleine de maîtrise et de tempérament mais peu de sentimiento à un toro Garcigrande, et trois pour Juan Leal qui séduisit le public avec son toreo spectaculaire, d’un courage indéniable, mais pas toujours très templé et bien placé. Le dernier toro de la corrida et de la feria, qui lui échut, aurait mérité un tour de piste.

Face à des Garcigrande fades, Paco Ureña resta inédit, malgré le cartel dont il jouit à Bayonne et même si le résultat fut loin d’être à la hauteur des attentes, quelques bons muletazos et guère plus, le public lui demanda de saluer et l’applaudit avec « cariño ».

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